Vendredi 23 mai 2008
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Par Seb
Notre arrivée à Tulum (photos) se
fait sous la pluie. A la gare routière je me trouve confronté à une employée (très) peu coopérative : « Je voudrais réserver deux billets pour Cancún dans deux jours, s’il vous plaît. » Réponse :
« Impossible, les réservations ne se font qu’une heure et demie avant. » « Ah, c’est ennuyeux, et à quelle heure y a-t-il des bus pour Cancún ? » « Sais pas, revenez demain. Suivant ! » Ensuite
c’est la recherche d’un hôtel pas trop cher. Nous en voulons un sur la plage, et près des ruines, autrement dit dans la zona hotelera à une dizaine de kilomètres de la ville proprement dite.Aucun
ne répond au téléphone. On finit par monter dans un taxi en demandant à aller au premier et moins cher indiqué dans le guide, « il est fermé ! » me répond le chauffeur, bon bah au deuxième alors.
Arrivés là nous retrouvons un couple de Français qui viennent eux aussi d’arriver de Chichen. « Deuxième de la liste ? » « Ouais, vous aussi ? » On se prend une cabaña avec pour tout confort un
lit, deux chaises, une table et un ventilateur, pas de prises électriques, un trou énorme sans moustiquaire au-dessus de la porte, et une moustiquaire impossible à fermer. Une fois posés les
sacs, nous allons manger et boire un cocktail assis sur des chaises basses, les doigts de pieds en éventail dans le sable, avant d’aller dormir.
Le lendemain nous nous levons d’assez bonne heure. Après quelques photos prises sur la plage et une baignade dans une mer des Caraïbes aussi vide que turquoise, petit déjeuner.
Quelqu’un semble apprécier les œufs à la mexicaine… La haute concentration de touristes français a entraîné le remplacement de la sacro-sainte tortilla par un pain approximativement comestible.
Tout le reste de la journée consiste en une alternance entre baignade et dégustation de cocktails, jus de fruits et autres sodas, sur des chaises basses les doigts de pieds en éventail, traçant
des dessins dans le sable blanc. En fin de journée, en attendant l’heure décente pour aller dîner, 21h30, pour bien se démarquer de la masse touristique qui dîne entre 19h30 et 20h00, une partie
de billard sur une table capricieuse. L’ambiance est particulière ici, très peu de Mexicains, trop peu peut être, beaucoup de touristes aux corps modelés par les séances de gym ou de muscu et
dorés à point dans une cabine d’UV comme une dinde de noël dans son four… Manquent les marrons ! On se donne en spectacle, on s’expose, moins au soleil qu’aux regards concupiscents des membres du
sexe opposé et envieux des membres du même sexe, on ne va pas à l’eau, cela risquerait de nuire à l’uniformité du bronzage parfait si chèrement acquis dans un institut de beauté ensoleillé au
cœur de quelque sombre capitale européenne. On est très loin de la campagne mexicaine ou des banlieues grises du DF, du côté de Ciudad Neza.
Dernier jour, le secret est de se lever tôt. Levés tôt, donc, vous commencez par un petit plongeons dans la mer des Caraïbes, enfin plongeon… avec une plage en pente d’un pour
mille, à vue de nez, vous risquez surtout de plonger dans le sable… Ensuite, quand le soleil commence à frapper, allez déjeuner, vers 10h. Profitez de votre petit déjeuner, mexicain, bien
mexicain (chilaquiles par exemple, bien piquant, bien rouge, plein de choses qu’un Français n’imaginerait jamais dans un petit déjeuner…).
Vous voilà arrivés vers 11h, 11h30, retournez à la plage prendre un jus de fruit, écrire quelques cartes, éventuellement vous baignez si votre peau, contrairement à la mienne,
supporte le soleil. Personnellement je reste à l’ombre, sauf mon gros orteil gauche, lisant un livre.
Vers 13h30, une fois remballées vos valises et douchée votre peau de poulet, cru ou rôti, vous vous dirigez, comme nous, vers les ruines mayas, à quelques centaines de mètres
de là. Un petit chemin entouré de verdure verdoyante vous amène vers l’une des cinq toutes petites portes d’entrées de la ville qui traverse le mur d’enceinte d’environ trois mètres d’épaisseur.
Là commence le grand cirque, disons que si Chichen Itza était Bouglione, Tulum ressemble à Pinder… Une fois passée la petite porte, donc, un peu comme le rideau à l’entrée du châpiteau, vous
retrouvez vos camarades d’hôtel, tous en maillots de bain, tout juste, et pas toujours, complété d’une jupe, un short ou une chemise (à fleurs, de préférence), et que commence la visite. Tout
d’abord une petite tour de vigie surplombant la mer, accompagnée de deux petits autels votifs dont la fonction exacte est inconnue du fait d’une reconstruction peu précautionneuse qui les a
transformés en quelque chose plus proche d’un barbecue. La dite tour est construite sur un promontoire rocheux qu’une petite crique sépare d’un autre promontoire, que nous avons tous vu en
passant devant une agence de voyages, celui où se dresse la construction connue comme « El Castillo », qui selon moi est plus un temple mais ne ressemble plus vraiment à une pyramide. Ensuite,
suivant le chemin battu et bien délimité, nous arrivons… à l’escalier descendant à la plage, principale attraction du site, au vu du nombre de personnes étendues sur l’étroite bande de sable et
faisant trempette dans les vagues.
Jolies photos souvenirs avec le Castillo, les rochers, les vagues, le bronzage (presque) parfait… Bref, la pub du Club Med ! On ne vit qu’une fois. Certains, vous devinerez
qui, regardent la scène plagiste avec un regard quelque peu… circonspect. Le même petit chemin, beaucoup moins battu, les trois quarts du flot de touristes s’étant échoué sur la plage, nous
conduit à d’autres constructions perdues dans une végétation basse et touffue, avant de nous ramener vers le « centre-ville » et ses maisons surélevées (ne restent que les plateformes surélevées
en fait), son double temple où un analphabète a tenté d’écrire la version maya du « Omar m’a tué », autrement dit une trace de main rouge, et ses iguanes qui semblent jouir d’une plus grande
attention de la part des touristes que les ruines (omettons, je vous prie, le fait que j’ai pris six photos d’iguanes en moins de deux heures…)
Sortie par une autre porte microscopique, qui a perdu son linteau, c’est plus facile pour passer. Retour à pied vers l’hôtel. Un iguane ! Flash ! Je disais donc retour à
l’hôtel, récupération des sacs, taxi ! A la gare routière s’il vous plaît. Achat des billets, course pour poster les cartes avant le départ du bus, retour à la gare routière en courant, soleil
toujours de plomb, déodorant quelque part perdu dans le sac… Bon appétit bien sûr ! Mais bus attrapé, c’est l’essentiel, direction Cancún.
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