Mercredi 30 avril 2008
3
30
/04
/Avr
/2008
01:21
Par Seb
Descendre de San Cristobal à Palenque, c’est comme prendre un tobogan pour descendre de Chamonix à Nice. San Cris, perdue
dans ses montagnes, est fraîche, un peu humide. Palenque est étouffante d’une chaleur humide, tropicale, une chaleur qui vous égare et vous fait tout voir sous un angle de magie.
Après une descente en bus en provenance de San Cris, sous un soleil de plomb, et une arrivée triomphale à Panchan, le groupement de
cabañas, avec à peine moins que notre poids en bagages, nous decidons d’augmenter encore un peu notre couche de crasse de la nuit et du matin avec une bonne dose de sueur comme les ruines mayas
de Palenque (
photos) savent vous en donner. Bref, nous sautons dans une combi (un mini-bus, pour les non-initiés au vocabulaire mex), et arrivons à l’entrée du site
archéologique. Des pyramides de pierre blanche marbrée de salissures en tous genre par les années depuis leur découverte plus que par les siècles depuis leur abandon. Des pyramides dont les
royales hôtes ont quitté les entrailles, remplacés par des nuées de touristes écrasés par la chaleur. L’herbe a poussé sur les immenses places de la ville, autrefois couvertes de stuc, le vert
émeraude des arbres de la forêt tropicale qui enlace le site domine depuis longtemps sur les restes de peinture bariolée que l’on aperçoit encore sur quelques murs. Les singes hurleurs dans les
arbres ont remplacé les prêtres mayas sur leurs pyramides, un peu moins féroces peut être. La visite invite à s’enfoncer dans la forêt, à l’ombre des grands arbres, au soleil couchant, tout est
calme. On suit un chemin qui suit un court d’eau gazouillant, on essaie de faire abstraction des compatriotes nacos ou fresas, ou les deux, et au détour du chemin apparaît une cascade d’eau
cristalline. Une cascade qui donne envie d’y plonger. Mais il est déjà tard, le site va fermer, on regarde, on prend quelques photos, puis on sort avec un léger regret.
On rentre à l’hôtel, on s’enferme dans sa cabaña le temps de prendre
une douche, de recharger les batteries (des appareils photos) et de se coller une bonne dose d’anti-moustiques. Après ça on s’installe au restaurant, de nouveau près d’un ruisseau gazouillant, on
retrouve les compatriotes nacos et/ou fresas, mais on s’en fout. On profite du plaisir d’être propres, on étire les membres endoloris, on laisse parler les estomac, on leur donne les quesadillas
qu’ils réclament, plus tard suivis de spaghettis, le tout à la lumière d’une bougie chauffe-plat au fond d’un verre et au son du groupe de musicos du jour. On reste là un moment, après six mois
sans se voir on a des choses à se raconter, des raisons à se donner d’être content d’être là où on est, simplement un moment tranquille. Et puis on va se coucher.
Que fait-on lorsqu’on en est à son deuxième jour à Palenque, que l’on a
déjà vu les ruines et que l’on ne veut pas flemmarder à l’hôtel ? Réponse : on file voir les cascades de Misol-Ha, Agua Clara et Agua Azul (photos). Joli circuit en perspective, joli circuit à l’arrivée.
Départ à neuf heures du matin, circuit organisé mais seulement un couple avec ma sœur et moi donc presque privatif. Le chauffeur est fou, rien de surprenant, c’est un Mexicain pensant qu’il sait
conduire. Dans les virages on glisse sur les banquettes mais on reste sur la route, c’est l’essentiel me dira-t-on. On arrive à Misol-Ha, tout le monde descend, trente minutes d’arrêt. On
s’émerveille, on se prend en photo, on essaye d’évaluer la hauteur de la cascade, trente mètres ? Ouais, à peu près. On se trouve idiots de ne pas avoir pris les maillots de bain, on peste contre
ces « idiots de touristes », on passe derrière la cascade pour se faire tremper comme tous les touristes et on remonte en voiture, direction Agua Clara.
A Agua Clara nous attend une large rivière d’eau turquoise et un pont suspendu aux planches de bois branlantes. Nous
descendons au bord de l’eau, le bord est boueux, l’eau est délicieuse. Aurélie manque de perdre une tong, sauvée de justesse, quelques jolies photos puis on rentre dans le flot touristique et
nous dirigeons vers le pont. Personne n’est vraiment très rassuré. Ma sœur doit presque sauter pour passer le trou entre le bord et la première planche, Indiana Jones n’aurait pas sous-estimé
l’exploit… Bref, on se conforme à notre rôle de touristes, de presque japonais, mitraillant pacifiquement, flashouilleurs en série, pourchassés par la brigade du hippy.
Rebelote à Agua Azul, on photographie, on filme, on regarde, on crée des fonds d’écran pour portable dernier cri, mais ici surtout on
écoute. On écoute le grondement de l’eau turquoise à bleu roi qui dévale plusieurs kilomètres de cascades plus ou moins hautes, plus ou mois fortes (d’un petit toboggan où l’eau glisse sur
cinquante centimètres à la « licuadora » et ses vingt-cinq mètres de haut). On se trouve quelques piscines naturelles où l’on aimerait bien plonger, on se retraite d’idiots pour l’oubli des
maillots de bain susmentionnés et on monte jusqu’à ce que chemin et touristes aient disparu. Arrivés là on redescend, mitraillant dans l’autre sens, arrêt quesadillas près de la « licuadora » et
de son bruit sourd de mixeur, autre arrêt sur un banc près du mirador n°1 avec recherche de la chanson du lieu, ce sera « Closedown », de The Cure. De nouveau en voiture, seuls cette fois-ci, les
autres ont disparu. On rentre, même scène que la veille : douche, dîner, à laquelle on ajoute récupération des bagages et taxi jusqu’à la gare routière : direction Mérida,
Yucatan.
0