"Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. A l'inverse, c'est de l'isolement que meurent les civilisations"
Octavio Paz


"Rien ne suscite plus grande mélancolie que l'idée de ne pas connaître tous les êtres que l'on aurait pu aimer, qu'on va mourir avant d'avoir pu les rencontrer"
Carlos Fuentes


"Tous nous sommes faits d'une même argile mais ce n'est pas le même moule"
Proverbe Mexicain.



Albums photos

L'auteur

  • Crónica mejicana
  • Seb
  • 11/09/1987
  • Homme
Par Seb
    Le Mexicain en général est assez patriote, voire nationaliste, les drapeaux mexicains sont omniprésents et ont même tendance à se multiplier à l’approche du mois de septembre, mois de l’Indépendance. Parmi tous ces drapeaux, il en est un qui tient une place particulière dans le cœur de nos amis, c’est l’immense drapeau qui trône au milieu de la place centrale et cœur politique de la ville, le Zócalo. J’ai déjà parlé, je pense, du Zócalo et de son drapeau, mais peut être ai-je omis de signaler qu’il était rentré tous les soirs par des soldats à l’intérieur du Palacio Nacional à 18h très précises.
    Il se trouve qu’aujourd’hui j’ai passé une bonne partie de mon après-midi dans le centre historique (au Starbucks de l’avenue 16 de Septiembre pour être précis) à lire les textes que je devais lire pour mon cours de Relations internationales du Mexique de demain. Textes très instructifs d’ailleurs sur l’attitude honteuse qu’ont eu les Etats Unis d’Amérique vis à vis des Etats Unis Mexicains tout au long du XIXème siècle, mais ce n’est pas mon propos. Je suis donc resté là jusque vers 17h, avant d’aller jusqu’au Palais de Bellas Artes et de m’asseoir tranquillement sur le bord d’un massif floral pour lire quelques pages de La Nature de Ralph Waldo Emerson. Puis vers 17h43 environ, je décide de retourner vers le Zócalo. Après avoir remonté l’avenue Francisco I. Madero et fait le tour de la place, je me retrouve près de la porte principale du Palacio Nacional au moment où je m’aperçois que le drapeau est en train de descendre.
    Au départ, ne voyant pas bien le centre de l’immense place (200x200m, le pied du drapeau était donc à 100m de moi), je pense qu’il n’y a qu’une demie douzaine de soldats pour le descendre et l’amener dans le Palais. Grossière erreur ! Il y a en réalité une demie douzaine d’hommes pour arrêter la circulation au moment de traverser la chaussée entre la place et le Palais. Le drapeau en lui-même est porté enroulé par environ quinze soldats sur une longueur d’environ une vingtaine de mètres, et ils sont accompagnés d’environ une quarantaine de policiers militaires, d’une fanfare militaire comptant dans les trente musiciens et d’encore une bonne soixantaine de soldats dont une vingtaine forme une chorale.
    Tout ce beau monde traverse la place en marchant au pas, entre deux rangées de badauds qui regardent admiratifs et applaudissent, un petit groupe d’officiers, probablement ceux commandant la garde du Palais, passe en premier, précédant le drapeau et ses quinze porteurs suivis des policiers militaires, les tambours suivent en tambourinant, la chorale chante ce que j’imagine être un chant militaire, puis vient le reste des soldats, le tout passe sous le grand portail du Palais et se range en ordre dans la cour principale. On les aperçoit de l’extérieur saluer le drapeau et entoner l’hymne national, reprit en chœur par certains citoyens restés dehors. A la fin de l’hymne, un homme crie vers les soldats : « Ejercito mejicano, en vez de proteger las fronteras, protege los derechos del pueblo y la Constitución ! » (en français : « Armée mexicaine, au lieu de protéger les frontières, protège les droits du peuple et la Constitution »), ce qui est une allusion à la controverse toujours vive qui a suivi les dernières élections présidentielles lors desquelles le candidat du PRD (Parti de la Révolution Démocratique, gauche), Andrès Manuel Lopez Obrador, prétend avoir été privé de sa victoire par le candidat du PAN et actuel président du Mexique, Felipe Calderón. J’ai d’ailleurs cru à un moment que les policiers militaires allaient ressortir au pas de charge pour le choper, mais non, ils repartaient simplement au pas de charge du Palais vers leurs camions, stationnés au coin de la place, mais sur le coup ça surprend. Suivirent quelques secondes plus tard la fanfare et le reste des soldats, dont les camions étaient stationnés devant la cathédrale sur l’autre côté de la place, qui marchaient en colonne au milieu des voitures. Les porteurs et une partie des soldats reste sur place pour garder le Palais (en cas d’attaque américaine, on est jamais trop prudent).
    Après cette petite cérémonie quotidienne, la vie reprend tranquillement son cours sur la deuxième plus grande place du monde, les camelots recommencent à hurler, les enfants recommencent à faire voler leurs cerfs-volants, les amoureux recommencent à s’embrasser… Il n’y a que les touristes qui restent ébahis par le spectacle !

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 27 août 2007 1 27 /08 /Août /2007 03:08
Par Seb
    La plupart d’entre nous connaît l’expression « cirer les pompes de quelqu’un », on cire tous des pompes, celles de nos parents pour avoir un peu plus d’argent, celles de nos profs pour avoir une bonne notes, bref, il y a tout autour de nous tout un tas de pompes imaginaires extraordinairement brillantes. Maintenant imaginez qu’on vous cire les pompes, mais pas au sens figuré, non, au sens propre ! Qu’en dites-vous ? Certains s’installeraient sûrement tranquillement en lisant leur journal pendant qu’un pauvre diable s’échine à faire briller le bout de leurs chaussures qui ont trempé dans des flaques d’eau, ramassé des bouts de chewing-gums, voire écrasé une déjection canine (oui, je sais, ça porte bonheur).
    Eh bien, il y a déjà quelques temps de cela, j’ai eu l’occasion de vivre ce type d’expérience. Je me promenais sur le Paseo de la Reforma avec une amie, lorsqu’un type nous aborde et nous demande si nous voulons qu’il nettoie nos chaussures. Et ni une ni deux, et ce malgré un refus catégorique de ma part, le type s’accroupit et se met à enduire mes belles chaussures de cirage et à me prodiguer ses conseils pour un bon entretien du cuir.
    Pendant que le type continuait, accroupi, à saloper mes pompes et que la miss, qui était allée s’asseoir sur un banc à quelques mètres, se foutait de ma gueule, moi, debout au milieu de l’allée, j’essayais d’extraire de mon esprit la répulsion que j’éprouvais à l’idée de voir quelqu’un approcher son visage à moins de cinquante centimètres de mes chaussures et priait tous les dieux, esprits, djins et autres serpents à plume de faire en sorte que cette comédie finisse au plus vite. Et tout ça à peine quelques heures après que j'ai dit que ne me ferais jamais cirer les pompes au sens propre...


    J’ai tout de même une question ? Sur tous les gens qui passent sur cette avenue chaque jour, pourquoi a-t-il fallu que ça tombe sur MOI ?

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 26 août 2007 7 26 /08 /Août /2007 06:52
Par Seb
    L’immigration. Au delà d’un des thèmes de campagne favoris de nos chers politiciens, particulièrement de droite, l’immigration est un fait social très répandu à travers le monde et ne se limite pas à une dizaine de vols charters d’Africains par jour venant envahir notre beau pays de France. Les flux migratoires sont comme une immense toile d’araignée, ou comme le réseau des vaisseaux sanguins d’un individus, ils viennent de partout et vont partout en passant par quelques carrefours importants. Ainsi moi qui suis français au Mexique, je suis un immigrant au même titre que M. Doukouré arrivé ce matin à Paris dans l’intention de s’y installer pour quelques temps. Tout ça pour dire s’il vous plaît, arrêtez de dire du mal des immigrés, en le faisant vous m’insultez aussi.
    L’immigration c’est aussi le charmant surnom que l’on donne à la seule institution que possèdent absolument tous les Etats dignes de ce nom à travers le monde. Ici au Mexique elle a pour nom « Instituto Nacional de Migración » (Institut National de Migration), et on peut dire sans exagérer que c’est l’idéal-type de l’administration kafkaïenne. Dans son livre « Le Procès », Kafka décrit le fonctionnement d’une administration judiciaire où l’accusé est arrêté mais laissé en liberté, ne sait jamais ce qui lui est reproché et est promené sans arrêt d’un bureau à l’autre. L’immigration c’est un peu la même chose : personne ne sait très bien où c’est, il faut demander à plusieurs guichets avant de trouver le début du parcours, remplir des papiers, en faire remplir, faire faire des photos, des photocopies, payer, attendre, et revenir… Bref, c’est long et agaçant.
    Notez encore que moi je n’y suis allé qu’une fois et j’ai pu remplir la plupart des formalités en une seule fois, mais certains de mes petits camarades y sont déjà allés trois fois et doivent encore y retourner (kafkaïen je vous dis).
Mais prenons le parcours depuis le début. Grâce à Laura, une amie de Sciences Pipo Paris, j’avais déjà la bonne adresse, celle du bon bâtiment car évidemment comme toute bonne administration digne de ce nom, le bureau de l’immigration possède différents bâtiments ne remplissant pas les mêmes fonctions. La plupart de mes amis ont en revanche suivi les indications fournies par le CIDE et se sont retrouvés quelques rues plus loin au mauvais endroit. Bref, j’arrive, « ouvrez votre sac s’il vous plaît » patati patata, je regarde les panneaux d’indications : d’un côté « registre national des étrangers », de l’autre « immigrants »… Euh… je vais où moi ? Je demande au vigil qui me dit de suivre la file A18, petit problème, c’est la file « artistes et sportifs », jusqu’à preuve du contraire je ne suis ni l’un ni l’autre. Je tranche donc la poire en 1,00998666 et je me colle dans la file « réception des documents » de la section « registre national des étrangers », après cinq minutes d’attentes (il était 9h30 donc relativement peu de monde), l’employée me dit à la vitesse TGV « allez au bureau des renseignements et demandez leur les formulaires ». Bien, je vais donc au bureau des renseignements et là « Vous voulez faire faire un FM3 ? » (le livret qui accompagne le visa), « Non, je l'ai déjà, je veux m’inscrire sur le registre national des étrangers, REGISTRE NATIONAL DES ETRANGERS » (voilà pourquoi je suis contre l’intégration d’handicapés mentaux dans les administrations publiques, les sains d’esprit sont déjà suffisamment lents). Elle finit tout de même par comprendre ce que je veux et me donne les papiers à remplir plus une petite notice explicative qui, je vous assure, n’est pas du tout superflue. Alors, les papiers, il y a deux formulaires, un qu’il faut remplir à la main, l’autre à l’ordinateur uniquement. Pour ce faire il faut sortir du bureau de l’immigration et dans la rue il y a des petites boutiques qui vous le remplissent et font vos photos de face et de profil (comme en prison, au cas où vous fassiez une bêtise pendant votre séjour) aux normes demandées par l’immigration. Pendant que l’on développe vos photos, vous allez payer la taxe d’immigration (606 pesos pour un an en tant qu’étudiant) non pas à un guichet de l’administration mais dans une banque, avant ça il faut que vous soyez passé par un autre guichet de l’immigration qui vous donne un papier pour dire à la banque ce que vous devez payer et à qui (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?), vous vous pointez à la banque avec vos 606 pesos et votre papier, la banque vous donne un reçu dont il faut faire deux photocopies, que vous faites en même temps que les photocopies de votre passeport et des quatre premières pages de votre FM3 dans la boutique qui fait vos photos et remplit le formulaire que vous ne pouvez pas remplir vous même le tout pour un prix variant de 100 à 130 pesos selon votre faciès (moi et mes amis n’avons payé que 100, on doit avoir de bonnes têtes). Ensuite, quand vous avez tout, vous retournez au bureau de l’immigration, vous faites la queue dans la file « réception de documents », arrivé là, une employée revêche vous dit « vous devez faire certifier votre copie de passeport par mon collègue » (qui est juste à côté, regarde votre passeport et votre photocopie et met un tampon dessus et ne fait que ça de 8h30 à 13h30), vous essayez de revenir au premier guichet sans vous faire piquer votre place par un couple d’Uruguayens mal embouchés et là : « vous devez mettre derrière vos photos ». Bam, sortie de la file, retour sur les petites tablettes de pierre où tous les esclaves de cette administration tyranique remplissent leurs papiers, j’écris mon nom le plus lisiblement possible et je refais la queue. Cette fois-ci enfin tout est bon, la revêche prend mon dossier et me donne une petit carton avec un numéro en me disant d’attendre que l’on m’appelle. Je vais donc patienter avec les autres Français (eh oui, les Français, c’est comme les éléphants, ça se déplace en troupeau) et j’attends, j’ai une discussion avec Flora sur les similitudes que l’on observe entre cette administration et celle du Procès de Kafka et sur d’autres sujets. Au bout d’une vingtaine de minutes mon numéro est appelé et là : « vous devez revenir le 12 septembre » « Pourquoi ? » Pas de réponse, il se trouve que j’ai su plus tard que c’est simplement pour récupérer mon FM3, puisqu’ils le gardent environ deux semaines. Petit problème tout de même : j’ai cours moi le 12 ! Mais là encore le Mexique se distingue par son « pragmatisme » : « Vous ne pouvez pas venir ? Venez plus tard ! ».
    Malgré tout je dois dire que je suis chanceux pour l’étape immigration : Lisa et Anne-Sophie sont venues trois fois, Laura est venue deux fois et a du attendre près de 50 minutes entre le dépôt de ses documents et le retour de son dossier, et encore il manquait le reçu de la banque qu’ils devaient lui rendre avec sa convocation pour le 12, et l’autre Lisa et Jaffa sont arrivées 5 minutes trop tard pour déposer leurs documents car on ne peut les déposer que jusqu’à 12h30… Donc je ne me plaindrai pas, mais pour ceux qui veulent se donner une idée du fonctionnement de cette administration, qu’ils lisent "Les 12 travaux d’Astérix", c’est assez ressemblant.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 26 août 2007 7 26 /08 /Août /2007 06:28
Par Seb
    Il y a à Mexico plusieurs centaines de musées différents à voir, beaucoup sont gratuits pour les étudiants, ce qui fait que je pense en visiter un certain nombre au cours de cette année. J’ai commencé par le Museo de Arte Moderno (Musée d’Art Moderne, pensons aussi à ceux qui ne parlent pas un traitre mot de la langue de Cervantés), situé dans le parc de Chapultepec.
    Un petit mot sur ce parc pour commencer. C’est la plus grande zone verte urbaine d’Amérique latine, entièrement aménagé et parfaitement entretenu, une demi-douzaine de musées y sont installés, dont le Musée d’Art Moderne, le Musée d’Anthropologie et le Musée d’Histoire National qui est pour sa part installé dans le Château de Chapultepec, en haut de la colline du même nom qui signifie en nahuatl, la langue aztèque, « la colline des sauterelles », je trouve ça mignon ! Bref, on y accède en métro par les stations Chapultepec ou Auditorio. Si on arrive par Chapultepec, la sortie du métro vous envoie sur le « chaussée de le jeunesse », qui prolonge l’immense et très beau Paseo de la Reforma jusqu’au pied du château où se dressent les six colonnes du monument aux Niños Heroes. L’histoire des Niños Heroes (les « enfants héros ») date de l’invasion du Mexique par les Etats Unis en 1846. A l’époque, le château de Chapultepec abritait l’académie militaire, et alors que ces salauds de Yankees s’approchait, et que l’ordre de repli avait été donné, six cadets de l’académie décidèrent de rester et de défendre le château au péril de leurs vies. Je suis d’accord avec vous, c’était très con ! Mais que voulez-vous, un soldat n’est généralement pas très évolué alors ajoutez-y la stupidité de la jeunesse ! Je précise qu’ils avaient dans les 16 ans. Mais revenons à notre petite histoire, l’un des cadets, voyant l’inévitable mort et la défaite s’approcher sous les traits de l’oncle Sam, décide de sauver tout de même l’honneur de son pays en empêchant que le drapeau national ne soit pris par l’ennemi. Il s’enroule donc dans la bannière et se jette dans le vide depuis le balcon du château, ce qui fait déjà un sacré plongeon.
    Voilà pour les Niños Heroes, maintenant prenons l’allée sur la droite jusqu’à Réforma, pour rentrer ensuite, juste sur la droite dans le musée. Les guides touristiques, le Lonely Planet et le Routard, décrivent le bâtiment comme un chef d’œuvre de l’architecture des années 60 ou 70, personnellement je ne suis pas convaincu. Mais fort heureusement les œuvres qu’il abrite sont beaucoup plus intéressantes. Au Rez de Chaussée on trouve des œuvres de la fin du début du XXème jusqu’à la guerre. Des œuvres d’Orozco, de Diego Rivera, de Frida Kahlo, enfin quand la toile n’est pas en prêt pour une exposition, et de bien d’autres encore. Les thèmes sont parfois un peu macabres, les Mexicains semblent avoir un rapport particulier avec la mort, héritage précolombien j’imagine. En réalité les toiles que j’ai préféré sont celles de l’après guerre, notamment Tamayo et son « Homme rayonnant de joie », très coloré et très souriant ! La vie culturelle de cette ville, et de ce pays, est encore beaucoup plus fantastique qu’on ne le pense de l’extérieur.
    Des couleurs vives, un tracé parfois à la limite de l’enfantin, un mélange de Gauguin et de Picasso, de baroque et de précolombien, voilà comment je qualifierais la peinture mexicaine, même si évidemment, chaque peintre a sa propre technique et sa propre vision de la réalité.
Dans une autre aile du musée était exposée une collection privée au milieu de laquelle se trouvait trois photos de Frida Kahlo. Ici au Mexique, Frida Kahlo est une icône nationale, elle est un symbole de courage face à la douleur. Quand elle était jeune elle a été renversée par une calèche ou quelque chose comme ça, elle en est restée marqué toute sa vie et a été obligée de porter un corset métallique et à la fin de sa vie elle ne pouvait peindre que couchée. Une vraie martyr, ceci dit elle buvait et se droguait, alors comme exemple pour tous les Mexicains, j’ai bien peur qu’elle ne fasse pas tout à fait l’affaire, mais je peux me tromper.
    Un petit tour dans le parc, une traversée de la Reforma, un déjeuner à la Torre Mayor et une seconde traversée de la Réforma plus tard et ma journée était à peu près terminée.

PS: Merci à L. de m'avoir suggéré cette visite et de m'y avoir accompagné.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 8 août 2007 3 08 /08 /Août /2007 23:19
Par Seb
    Aujourd’hui j’ai visité le centre avec une amie de Sciences Po qui est aussi à Mexico pour l’année, je ne donne pas son nom parce que je ne lui ai pas demandé si je pouvais parler d’elle sur ce blog. Et elle n’avait jamais pris le pesero, sous-entendu elle voulait essayer. Après ma dernière expérience avec le camión on imaginera facilement que je n’étais pas particulièrement enchanté à l’idée de prendre un pesero pour le simple plaisir… Mais voilà que se présente un Starbucks Coffee, la plupart des personnes qui vont lire ces lignes savent à quel point j’aime les cafés de Starbucks. Alors voilà que se présente mon Starbucks près du Zócalo, avenue 16 de Septiembre, pour ceux qui aiment les détails inutiles, et moi qui regarde mon enseigne verte préférée avec des yeux de merlan frit. Du coup on a conclu un marché, j’aurais mon café si elle avait son pesero, enfin son trajet en pesero, le pesero entier ferait un peu gros dans la valise du retour… Donc on va prendre un café, enfin moi je prends un café, un caramel macchiato, délicieux avec sa petite mousse de lait et son napage caramel, et elle prend un frapuccino caramel, mauvais choix lorsqu’il fait moins de 25°, qu’il y a des nuages et que la pluie menace, mais bon, c’est le genre d’erreurs qu’on ne fait qu’une fois a priori.
    Tout ça pour en venir au trajet en pesero. Alors le pesero c’est encore mieux que le camión, tu le chopes quand il s’arrête, et pour descendre il faut demander au chauffeur de s’arrêter. Donc on décide d’aller à Plaza de la República en pesero. On en chope un premier, manque de chance il n’y va pas, lui il va à Reforma, República n’est pas sur son chemin. Nous continuons d’avancer, un autre s’approche, on le chope au feu rouge, il passe auprès et promet même de nous prévenir au moment de descendre, cool ! On monte, on paye, à noter que le pesero est plus cher que le metro et on s’installe.
    Très vite me gagne une certaine inquiétude en voyant la carcasse grinçante, dans laquelle se trouve ma propre carcasse à ce moment là, s’élancer pleins gaz sur les rues pavées du centre de Mexico, les klaxons des autres véhicules se lancer dans un concert autour de nous et les rues défiler sans que le chauffeur ne nous fasse le moindre signe indiquant qu’il avait l’intention de nous dire quand descendre. Mais après avoir croisé environ une vingtaine de rues à toute berzingue et avoir traversé le quartier dévolu aux magasins de luminaires, nous nous approchons du but, ce que ma collègue touriste-testeuse de pesero vérifie en demandant au chauffeur. Plutôt cool pour un chauffeur. Et nous descendons au croisement de Insurgentes et je ne sais plus exactement quelle rue, à deux pas de notre destination.
    Voilà comment je me suis réconcilié avec les peseros, pour les camiones, on verra plus tard.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 6 août 2007 1 06 /08 /Août /2007 23:16
Par Seb
    Il y a plusieurs façon de visiter une ville, la plupart se valent. Beaucoup de gens s’imaginent qu’une ville ne peut être belle que sous le soleil, je ne suis pas d’accord, une ville n’est qu’une carte postale si on ne la voit pas évoluer, vivre différemment selon le temps qu’il y fait, si on ne voit pas les gens modifier leur allure pour profiter de la caresse d’un rayon de soleil ou pour éviter la pluie. Jusqu’ici je n’avais connu le centre historique de Mexico que sous le soleil ou avec quelques nuages. Aujourd’hui je me suis promené dans le centre sous la pluie, du moins sous une pluie intermittente, il est probable que je ne l’aurais jamais fait seul, mais une amie, du moins j’espère qu’elle l’est, m’avait proposé de le visiter avec elle.
    Finalement, les habitants de Mexico, les Chilangos, n’ont pas vraiment l’air de se préoccuper de la pluie. Elle va, elle vient, s’accroche à un nuage, en quitte un autre, selon son bon vouloir, sans se soucier des hommes qui sont en dessous, alors pourquoi se soucieraient-ils d’elle ? Il n’y a pas de raison. La pluie vient, la vie continue, la vie grouillante des rues du centre, les trottoirs encombrés d’étalages où l’on peut acheter toutes sortes de choses, et principalement à manger.
    La pluie sur le centre de Mexico fait comme le soleil, elle en rehausse les couleurs, en fait ressortir les reliefs. La pluie donne une autre dimension à cette partie de la ville, ainsi on en finit avec la carte postale, avec le décor de théâtre. Ce n’est pas une représentation qui ne se joue que par beau temps, c’est la vie, c’est notre vie que l’on partage avec tous les gens qui nous entourent dans les rues, sur les places, dans les magasins.
On ne s’approprie jamais une ville sous le soleil, mais sous la pluie, c’est particulièrement vrai pour Mexico.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 6 août 2007 1 06 /08 /Août /2007 22:52
Par Seb
    En face de mon hôtel, oui, je suis à l'hôtel pour le moment, bientôt en colocation et à la rue en permanence,  il y a un  genre de bar que les Mexicains appellent  une "cantina".  On y va pour boire un verre, une bière, une téquila, un soda, n'importe quoi, et aussi pour manger. En ce moment c'est là que je vais généralement manger, c'est pas cher, c'est bon, c'est 100% pur jus mexicain et surtout il y a une vraiment bonne ambiance.
    On dit toujours que les Mexicains sont des gens chaleureux, ça ne se voit pas forcément dans la rue ou lorsqu'ils travaillent, encore que... Mais cela se voit clairement pendant leur temps libre, notamment dans les cantinas. Là bas ils se retrouvent entre amis, sans le cérémonial propre aux restaurants, ils peuvent parler de tout, parfois on y diffuse des matchs de foot et alors là c'est la folie, chaque action est commentée par toutes les personnes présentes, il y a des écrans sur tous les murs pour que personne ne perde rien du match, à chaque occasion tout le monde se lève et trépigne, anticipant sur sa joie ou sa peine à venir. Ai-je mentionné que le foot est le sport national ici?
    Bref, je vais souvent manger là et comme je suis seul, et aussi parce que ça se voit que je suis étranger, les Mexicains viennent me parler, me demandent d'où je viens et « Ah, sí, Francia, que bueno », et on passe un petit moment à deviser sur les liens, influences et différences entre la France et le Mexique, et c’est génial, parler à des gens que l’on ne connaît absolument pas sans préjugés et sans être jugé. Je crois qu’en réalité c’est exactement ce que je suis venu chercher.

    Voilà, j’ai fini, je voulais juste vous parler de cet endroit un peu spécial, un endroit qui rapproche les gens les uns des autres.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 5 août 2007 7 05 /08 /Août /2007 05:48
Par Seb
    Aujourd’hui j’avais pris la décision d’aller jusqu’à mon université pour me rendre compte du temps que ça me prendra quand j’irai pour les cours. Eh bien heureusement que je l’ai fait avant la rentrée.
    C’était la première fois que je prenais un bus à Mexico, un camión pour être exact. Précisons qu’il existe trois types de bus différents à Mexico : les Metrobuses, les camiones et les peseros, différentes tailles, parfois différents réseaux, parfois non… Il paraît que les peseros sont les plus folkloriques, je n’ai pas encore essayé.
    Je devais donc prendre mon camión à la sortie de la station de métro Chapultepec, le camión de la ruta 76 terminus Cuajimalpa. Arrivé à Chapultepec, je sors et je ne vois que des peseros, des dizaines de peseros mais que des peseros ! Petit moment de perplexité, les camiones se seraient-ils cachés ? Je cherche, je cherche, je finis par demander à un chauffeur de pesero qui m’indique, très aimablement signalons le, où se sont planqués les camiones. Arrivé à l’endroit indiqué, des dizaines de camiones affichant chacun trois ou quatre noms aztèques imprononçables m’attendent. Plouf, plouf ! Je cherche, là encore, et trouve un camión affichant « Reforma, Bosques, Cuajimalpa ». N’étant pas sûr que ce soit le mien je demande, poliment, à une voyageuse qui attend pour monter « Por favor, señora, es el de la ruta 76 ? », et elle me répond « Sí, sí » un peu comme un autiste à qui on demanderait d’expliquer la formule de la relativité d’Einstein… Je monte donc, confiant, m’installe, commence à lire mon livre (Jack Kerouac, Sur la route) tout en regardant par où passe mon petit camión.
    Au deuxième arrêt une petite vieille monte et s’assied à côté de moi, « Buenos días. » « Buenos días », et mon camión repart, grinçant et cahotant d’un bout à l’autre, incapable de dépasser le 40km/h. Le chemin se poursuit, je commence à virer à l’écrevisse à cause du soleil qui donne sur ma vitre et toujours pas de Lomas de Santa Fé (c’est là où je devais aller) à l’horizon. La petite vieille s’est endormie, j’essaye de me rassurer en me disant que le trajet est long et que je vais finir par arriver. Un certain temps s’écoule encore, long, c’est toujours long quand on doute. Je finis par réveiller la petite vieille et lui demande si le camión va passer par Santa Fé. Là, la vieille m’explique que non, il y a deux itinéraires pour Cuajimalpa, la ruta 114 et la ruta 76, et devinez quoi, je n’ai pas pris le bon ! Elle me conseille donc de continuer jusqu’à Cuajimalpa et là de reprendre le 76 pour Chapultepec. Arrivé à Cuajimalpa elle m’indique où descendre et me dit que le camión pour Chapultepec ne devrait plus tarder.
    Ouais… au bout de dix minutes au milieu des Mexicains qui se demandent ce qu’il fout là le blanchon, je demande à un commerçant ambulant où est mon camión. Il me répond qu’il ne connaît pas d’autre camión pour Chapultepec que le 114. Hum… Il y a quelqu’un quelque part qui travaille un peu du chapeau à mon avis… Bref, devant ce constat je passe au plan C (le B c’était de prendre le 76 de Cuajimalpa à Chapultepec) et je demande un camión pour Tacubaya, sachant que tous les Tacubaya-Cuajimalpa et Cuajimalpa-Tacubaya passent par Santa Fé, tant pis pour Chapultepec ! Là le type me dit « Celui-là justement il y va » (en espagnol) tout en pointant du doigt un bus en train de quitter l’arrêt. Je cours vers mon bus, je frappe à la porte et la le chauffeur me répond, sèchement signalons le, « Je vais au dépôt », bon.
Dépité je retourne attendre à l’arrêt, je vérifie que je suis bien au bon endroit en demandant à un type assis sur une jardinière. C’est bon, je n’ai plus qu’à attendre.
J’attends encore un petit quart d’heure avant que mon nouveau camión arrive, j’ai de la chance : celui-là a des sièges rembourrés, grand luxe, attention ! Et il grince pas de partout, c’est un peu plus rassurant. Bref, tout va bien, je me laisse même aller à lire mon bouquin sans surveiller la route. Et puis à un moment je vois sur le côté de la route un bâtiment portant le cigle CIDE. Hourra, victoire ! Mais je ne m’arrête pas histoire d’abord de pas être obliger d’attendre le prochain, et ensuite de pas être obligé de le repayer ! Coco radin, oui, je sais !
Je finis par arriver à Tacubaya, assez rapidement je dois dire, où je fais un rapide repérage du quartier, lui aussi bondé de bus, avant de prendre le métro pour enfin rentrer à l’hôtel.

C’est un rien crevant de rester assis toute la matinée dans un bus !

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 3 août 2007 5 03 /08 /Août /2007 18:49
Par Seb
    Ce soir, après manger, je suis allé faire un tour sur le Zócalo, une très grande place au centre de Mexico, à quelques pâtés de maisons de mon hôtel. En arrivant sur la place je vois des badauds qui se promènent, discutent, et il y en a qui dansent. Ils font une danse aztèque.
    Mais plus loin, venant du coin nord-est de la place, j’entends un son puissant, des percussions, un genre de djembé en plus fort. C’est un son envoûtant que les immeubles bordant la place renvoient démultiplié et qui finit par s’élever dans les airs tel une prière musicale.
    Je m’approche, guidé par la musique, aspiré par elle, et découvre dans le coin de la place, à côté de la cathédrale et non loin du Templo Mayor de l’antique Tenochtitlan, tout un groupe dansant en costume traditionnel, avec de grandes coiffes couvertes de plumes de couleurs.
    Je sens une sensation étrange m’envahir, comme si cette danse me parlait, j’avais l’impression que mon cœur battait au rythme des djembés et des gestes des danseurs et danseuses.
    Un homme d’une quarantaine d’années s’approche de moi, il me dit que cette danse représente l’harmonie, ils célèbrent le dixième jour du mois aztèque. Les danseurs se placent successivement face aux quatre points cardinaux, dans un nuage d'encens prient, prières ponctuées par le son que l'un des danseurs extirpe puissamment d'une conque. Les pas et les gestes des danseurs forment un langage corporel, une prière aux dieux païens au pied de l’église chrétienne. Nostalgie ? Mais peut-on être nostalgique d’une époque que l’on a pas connu ? Les Mexicains rechercheraient-ils dans leur passé glorieux un moyen de se rassurer quant aux possibilités qu’il leur reste d’avoir un futur glorieux lui aussi ?
    Je ne sais pas, mais ce que je retiens de cette soirée c’est l’harmonie, harmonie des couleurs, des mouvements, de la musique et de mes sens.

Malheureusement j'avais oublié mon appareil photos, mais puisque cette célébration a lieu tous les mois, j'en prendrai la prochaine fois.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 1 août 2007 3 01 /08 /Août /2007 23:37
Par Seb
    Nous y voilà, parti pour un an avec l’intention d’en profiter à fond et de ne surtout pas repartir avec le moindre regret.
    Je suis arrivé cette nuit à Mexico, « el D.F. » comme disent les Mexicains. Ce fût un long périple, outre le dédale de Roissy 1, la monotonie de quelques sept heures d’un vol Paris-Washington horriblement tranquille, et le goût immonde des repas dans l’avion, le détail le plus pittoresque, du moins celui qui mit le plus à l’épreuve mes nerfs, fût l’escale de Washington.
    Pour des raisons de sécurité, les contrôles ont été renforcés et les procédures modifiées pour les passagers en transit. Outre le contrôle de l’immigration qui vous demande « Where will you live in the US ? Where will you live in the US ? Where will you live in the US ? » (trois fois, bah oui, sinon c’est pas drôle !), ce à quoi vous répondez « Me voy a Mexico, cabrón ! » et qui vous demande (enfin, « demande »…) vos empreintes et de faire une photo devant une caméra numérique (après 7 heures de vol…), il faut ensuite que vous alliez récupérer vos bagages en même temps que tous les autres passagers en transit de l’aéroport, pas de votre vol, non non, j’ai bien dit de l’aéroport. Joyeux bordel, vous êtes obligés de remonter la file de gens qui ont déjà récupéré leurs valises et qui vous regardent d’un air accusateur, ensuite il faut mener la Guerre du Caddie, et notamment la fameuse Bataille de Poustoidlakejmimette, et enfin il faut vous refaire la file d’attente pour le réenregistrement de vos bagages, avec tous les resquilleurs qui essayent de vous passer devant, le tout pour finalement remettre vos bagages sur un tapis roulant sans qu’ils aient été contrôlés le moins du monde… Du côté des douanes américaines, il y en a qui yoyotent dur de la crinière…
    Après ce petit intermède douanier évidemment j’étais en retard pour ma correspondance, donc j’ai traversé la presque totalité de l’aérogare en courant, ce qui était parfaitement inutile puisque tous les vols étaient retardés pour attendre les passagers en transit. Et au final, je suis donc arrivé à Mexico D.F. en retard.

    Mais deux, non, trois points positifs dans ce trajet d’aller.
    Le premier c’est la vue magnifique tout le long du trajet Washington-Mexico, j’étais côté hublot à droite de l’appareil, donc côté terre sur ce trajet, avec un ciel relativement dégagé de sorte qu’on pouvait voir toute la côte américaine, puis coucher de soleil sur les nuages au dessus du Mexique, passage au dessus de quelques orages déchaînés dont les éclairs soulignaient la beauté du coucher de soleil, et enfin arrivée à Mexico de nuit, la ville tentaculaire, une mer de lumière sur des kilomètres et votre avion qui fonce en plein milieu vers l’aéroport Benito Juarez, aéroport dont vous finissez par vous demander si le commandant l’a bien vu et ne va pas s’écraser au milieu des immeubles.
    La deuxième bonne surprise c’est d’avoir rencontré à l’arrivée à l’aéroport, dans la file du bureau de l’immigration pour être exact, une de mes collègues de Sciences Po, une fille très sympa soit dit en passant. Un hasard complet puisque elle avait pris un vol avec escale à Dallas et moi à Washington. Probable que si mon vol avait été à l’heure je ne l’aurais pas vue. Bref, c’est toujours sympa de voir un visage connu quand on débarque avec son petit passeport devant le fonctionnaire renfrogné qui déteste son boulot et en plus parle à la vitesse de la lumière. Quand en plus vous avez pas dormi depuis deux jours et demie environ, vous pouvez me croire ça fait plaisir !
    Et enfin troisième bonne surprise : le CIDE, mon école ici au Mexique, m’a en fait envoyé quelqu’un pour venir me chercher alors que je pensais devoir prendre un taxi. C’est une étudiante de science politique et relations internationales, comme moi, elle est très sympa, comprend le français (utile à l’arrivée quand le Coco bien claqué essaye de raconter son voyage). Si j’avais pas eu de réservation à l’hôtel elle me proposait de m’héberger chez elle. Si tous les Mexicains sont comme elle je sens que je vais passer une très bonne année.

    Et voilà, maintenant je vais aller dormir parce qu’honnêtement je n’ai sûrement jamais été aussi fatigué de toute ma vie.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 31 juillet 2007 2 31 /07 /Juil /2007 23:52
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés